PÉRISSOIRES

Périssoires, l’Aréthuse et la Cigarette

Dans la mythologie grecque, Aréthuse  est une nymphe du cortège d’Artémis. Étant la fille de Nérée, elle est aussi une Néréide.

Au lendemain de leur funambulesque aventure avec le commissaire de police de Châtillon, Stevenson et Sir Walter Simpson, arrivés à Grez, amarraient leurs périssoires, l’Aréthuse et la Cigarette, devant un public de curieux attentifs. Ils distinguèrent un groupe de nouveaux venus qui s’étaient adjoints à l’ancienne colonie déjà connue d’eux. C’était une dame américaine et ses deux enfants, une jeune fille et un garçon

En effet avant de se lancer avec Modestine sur les sentiers des Cévennes du Monastier à Saint-Jean-Du-Gard, notre auteur et aventurier a accompli un autre exploit : En 1876, Sir Walter Simpson et RL Stevenson entreprennent un voyage d’une quinzaine de jours, en périssoire (La Cigarette et l’Aréthuse), d’Anvers en Belgique à Pontoise en France. De l’Escaut à L’Oise, nos voyageurs suscitent l’étonnement. Mais comment peut-on voyager par plaisir, en périssoire, de la Belgique à la France ?

(Etymologie : de « périr », ce qui en dit long sur la confiance que l’on plaçait dans la stabilité d’un tel bateau !)

De cette expédition, R.L. Stevenson a tiré une épopée, écrite sans doute à Barbizon. 

Son titre : « En canoë sur les rivières du Nord ».

Quelques mots sur la périssoire

La périssoire, dont l’origine est très ancienne, est un canot creusé dans un seul tronc d’arbre, long d’environ 3,5 mètres à 4 mètres pour la périssoire monoplace destinée à la balade, à près de 8 mètres pour la « périssoire de course ». Sa construction à bouchain vif est le plus souvent très simple, parfois deux planches pour les côtés et une pour le fond du bateau suffisent. C’est en général un bateau étroit et instable donc périlleux, d’où son nom.

Si le bouchain est arrondi, la coque est dite « en forme » 

S’il est anguleux, la coque est dite « à bouchain vif ».

Le bouchain est une partie du bordé d’un bateau, représentant la zone intermédiaire entre les fonds et les murailles.

Elle fut très en vogue comme petit canot de plaisance aux XIXe et XXe siècles en Europe avant d’être détrônée par les canoës importés du Canada durant la première moitié du XXe siècle. Elle se manœuvre à la pagaie double et se différencie par sa construction en planches de bois, et non pas en ossature bois ou os recouverte de peau ou de toile, et par ses sections souvent quasi rectangulaires.

La périssoire a constitué un sujet de tableaux pour Gustave Caillebotte, peintre impressionniste :                              

L’exploit est sportif mais avec plus d’un siècle de recul, nous retenons sa dimension littéraire et documentaire. Nous cheminons en compagnie d’une France oubliée de bateliers, mariniers, colporteurs, saltimbanques, comédiens, pêcheurs et autres restaurateurs.

L’auteur s’y livre aussi et nous confie sa passion des cartes. « J’ai toujours aimé les cartes et je voyage dans un atlas avec le plus vif plaisir ».

A Compiègne, Pont-Saint-Maxence ou Creil, au bord de l’Oise, le fleuve est l’axe majeur de la vie locale. Dans l’église de Creil, 1 ex-voto frappe R.L. Stevenson. « La reproduction fidèle d’une péniche qui se balançait à la voûte, portant inscrit ce souhait  » Dieu mène à bon port le Saint Nicolas De Creil » ».

Voilà  pourquoi les associations RLSBG et Artistes du Bout du Monde ont acquis 2 périssoires, dont l’une a été restaurée et l’autre conservée en l’état.

 

Le résultat de cette restauration a été visible lors du Forum des associations de Grez le 10 septembre 2017

Merci, à toutes les nombreuses personnes qui ont assisté au baptême de la périssoire, à sa mise à l’eau et à la découverte de “l’OFNI”…. (Objet flottant non identifié)

En complément, sur le stand sport et loisirs qui nous a accueilli la deuxième périssoire non restauré a été présentée